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RSL, Skyhook, ou confiance ?

traduit de l'anglais par Antoine Prono

Dan BC au World Meet 2008 — by Gary Wainwright
Dan BC au World Meet 2008 — by Gary Wainwright

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Le sujet revient souvent dans les discussions ces derniers temps : un parachutiste expérimenté doit-il utiliser un RSL ? C’est un débat qui a cours depuis des années.

Au fil de ma carrière de parachutiste, j’ai longtemps choisi de ne pas utiliser de RSL. La logique derrière cela était que si j’avais besoin de libérer et que je n’avais plus qu’une seule voile, je voulais être aussi à plat et aussi stable que possible avant de la déployer. J’ai dû libérer une bonne vingtaine de fois, et cette logique a toujours prévalu et a toujours fonctionné, avec une ouverture du secours à une altitude tout à fait raisonnable.

L’accident

Il y a quelques années, j’ai été témoin d’un drame concernant une de mes amies – une personne expérimentée, avec plus de 2 000 sauts à son actif. Sur un saut, elle est partie en autorotation jusqu’à 160 m avant de libérer, trop tard pour que le secours n’ait le temps de s’ouvrir. Cela m’a fait beaucoup réfléchir, et j’ai constaté qu’au fil des ans, je m’étais retrouvé plus d’une fois en chute libre bien plus bas que je l’aurais voulu. Heureusement, je n’ai jamais eu de problèmes d’ouverture à ces moments-là, mais cela aurait très bien pu arriver.

J’en suis venu à la conclusion que la chose la plus importante, c’est d’avoir une voile ouverte au-dessus de la tête aussi vite que possible

Un malheureux concours de circonstances

C’est toujours un enchaînement de problèmes qui mettra votre vie en danger. Vous savez, ça commence par une séparation qui arrive plus tard que prévu, retardant votre geste d’ouverture. Puis une poignée dure, puis un extracteur qui ne prend pas le vent, puis la voile qui hésite, puis l’incident d’ouverture… vous perdez quelques secondes à mettre votre main sur la poignée de libération, et le temps de dire ouf, vous êtes à 300 m du sol pour libérer, et perdez encore quelques secondes pour retrouver votre équilibre et ouvrir le secours.

Gérer le risque

Utiliser un RSL, c’était pour moi risquer une ouverture instable. J’avais peur que le RSL ne se déclenche trop vite après une autorotation et nuise à l’ouverture du secours. Mais en fait, je pense aujourd’hui qu’il est bien moins dangereux de courir ce (faible) risque, que de se priver de RSL. Avec un RSL, l’ouverture du secours est si rapide que le problème n’a pas le temps de se poser. Et avec un Skyhook, encore plus efficace, vous n’avez même pas le temps de perdre l’équilibre que le secours est déjà ouvert. J’ai dû libérer 3 fois avec un Skyhook et au final, cela ressemble à un transfert de voile. Je n’ai même pas eu la sensation de repartir en chute libre. J’en suis venu à la conclusion que la chose la plus importante, c’est d’avoir une voile ouverte au-dessus de la tête aussi vite que possible.

Un choix personnel

Bien sûr, cette décision est personnelle, et il appartient à chacun de choisir ce qui lui convient. Mais quand on me pose la question de savoir si un parachutiste, même expérimenté, doit utiliser un Skyhook ou un RSL, je suis intimement persuadé que les avantages du RSL dépassent les risques, et de très loin. Mes deux Javelin sont équipés de Skyhooks / RSL, et j’ai tout de même quelques années d’expérience.

Dan Brodsky-Chenfeld.

Ci-dessous, une explication du fonctionnement du RSL et du Skyhook, avec des exemples photo et vidéo

Survol de la DZ de Perris&nbsp;&mdash;&nbsp;by <a href='https://skydivemag.smallteaser.com/user/normankent' class='captionLink'>Norman Kent</a>
Survol de la DZ de Perris — by Norman Kent

Qu’est-ce qu’un RSL ?

En quoi un Skyhook est-il différent ?

Explications de Lesley Gale

Un système 3 anneaux avec un RSL&nbsp;&mdash;&nbsp;by Mark Harris
Un système 3 anneaux avec un RSL — by Mark Harris

Qu’est-ce qu’un RSL ?

Le RSL (Reserve Static Line) est un mécanisme qui utilise la séquence de libération de la voile principale pour tirer le câble du secours et déployer son extracteur. Une version du RSL est constituée d’une sangle d’environ 30 cm avec un anneau métallique d’un côté et un mousqueton de l’autre, lequel est relié à l’un des élévateurs (mais jamais directement sur un des 3 anneaux ; voir la photo ci-contre). La sangle est en général glissée sous un élévateur, et parfois maintenue en place avec un velcro.

L’anneau métallique fixé à l’autre bout du RSL entoure le câble du secours. En cas de libération, la sangle se tend au moment où la voile principale se sépare. Entraîné par cette traction, l’anneau métallique tire le câble du secours, qui entraîne l’aiguille hors de sa bouclette et ouvre le conteneur du secours, permettant à l’extracteur (pilot chute) de se déployer. Le RSL est un système de sécurité passif, il n’est pas censé remplacer l’action manuelle sur la poignée. Les photos ci-dessous illustrent son fonctionnement en cas de libération (breakaway) ou de panne totale d’ouverture (main total).

skyhook setup
skyhook setup
skyhook setup

Qu’est-ce qu’un Skyhook ?

Le Skyhook est un mécanisme de RSL amélioré, où un crochet est fixé sur la sangle d’extraction du secours, et relié au RSL par une drisse. Au moment d’une libération, la voile principale exerce une traction sur ce crochet et extrait le secours de son conteneur, agissant ainsi comme un extracteur (voir la photo ci-dessous). L’ouverture est plus rapide et la perte d’altitude est moindre. La voile se déploie normalement ; l’ouverture n’est pas nécessairement plus dure, elle commence simplement plus tôt. Le Skyhook, inventé par Bill Booth de United Parachute Technologies, fut le premier MARD (Main Assisted Reserve Deployment) ; il en existe d’autres à présent.

Skyhook

Le Skyhook en lui-même est un crochet que l’on peut fixer au RSL (par la drisse rouge), au conteneur du secours, et à l’extracteur du secours. La forme du Skyhook est conçue pour que l’ouverture du secours soit actionnée soit par l’extracteur, soit par le départ de la voile principale ; en fait, le plus rapide des deux. En cas de panne totale d’ouverture, la drisse rouge qui va au RSL se dégage du Skyhook au moment où le secours sort de son conteneur.

Un Skyhook en action. La principale extrait le secours de son conteneur.
Un Skyhook en action. La principale extrait le secours de son conteneur.
Disposition des éléments sous le rabat du secours&nbsp;&mdash;&nbsp;by Mark Harris
Disposition des éléments sous le rabat du secours — by Mark Harris
Le Collins Lanyard (en noir) entoure le jonc de libération du groupe d'élévateurs&nbsp;&mdash;&nbsp;by Mark Harris
Le Collins Lanyard (en noir) entoure le jonc de libération du groupe d'élévateurs — by Mark Harris
L'élévateur libéré exerce une traction sur l'aiguille du secours et la drisse rouge&nbsp;&mdash;&nbsp;by Mark Harris
L'élévateur libéré exerce une traction sur l'aiguille du secours et la drisse rouge — by Mark Harris
La drisse (rouge) tire sur le crochet du Skyhook (bleu) pour déployer le secours
La drisse (rouge) tire sur le crochet du Skyhook (bleu) pour déployer le secours
En cas d'action directe sur le secours, la drisse rouge se dégage du Skyhook
En cas d'action directe sur le secours, la drisse rouge se dégage du Skyhook

Rabat du secours

Lorsqu’un Skyhook est installé, l’organisation des éléments sous le rabat du secours n’a pas la même tête que d’habitude. Un Skyhook est toujours combiné à ce qu’on appelle un Collins Lanyard (voir ci-dessous). On reconnaît qu’un Skyhook est installé à la drisse rouge qui le relie au RSL : cette drisse sera visible en haut du rabat du secours.

Collins Lanyard

Le Collins Lanyard est une sangle supplémentaire qui vient former une boucle autour du jonc de libération du groupe d’élévateurs non porteur du RSL (donc celui de gauche si le RSL est à droite). Ainsi, si le groupe d’élévateurs porteur du RSL casse (s’il est mal assemblé par exemple), le Collins lanyard libère tout de même l’autre groupe avant que le RSL ne déclenche le déploiement du secours. Ceci permet d’éviter que le secours ne soit déployé trop tôt alors que la principale est encore attachée par la gauche, ce qui causerait un emmêlage.

Ci-contre, on peut voir la drisse rouge disparaître sous le rabat du secours et le Collins Lanyard (en noir) enrouler le jonc jaune de libération du groupe d’élévateurs.

Activation du RSL

Si une voile principale ne s’ouvre pas correctement, une action sur la poignée de libération la fait partir avec les élévateurs ; le RSL tire l’aiguille du secours, le rabat s’ouvre…

Activation du Skyhook

… et la drisse rouge actionne le Skyhook qui tire sur la sangle de l’extracteur du secours, permettant un déploiement rapide de la voile.

Action sur la poignée de secours

Si le parachutiste tire directement sur la poignée de secours (s’il y a une panne totale d’ouverture par exemple), l’extracteur du secours agit normalement. Dans ce cas précis, la drisse rouge qui va au RSL se dégage du Skyhook, qui est prévu pour.

Développement du Skyhook

Le Skyhook est une invention de Bill Booth, déjà à l’origine du système 3 anneaux et de l’extracteur. L’idée lui est venue il y a une trentaine d’année en regardant des tests filmés de l’UPT (United Parachute Technology) qui passaient en revue tous les incidents d’ouverture possibles. Il y a à ce jour plus de 30 000 Skyhooks dans le monde, sans aucun incident répertorié, tant qu’ils sont utilisés correctement. Des vidéos illustrant l’utilisation du Skyhook sont disponibles sur la page UPT Skyhook : cherchez la rubrique 'Skyhook Videos by You!' en bas de page.

J'ai dû libérer 3 fois avec un Skyhook et au final, cela ressemble à un transfert de voile.

Effets d’une autorotation

Les voiles modernes ont tendance à partir violemment en autorotation en cas d’incident, ce qui résulte en une perte d’altitude et des effets néfastes pour le parachutiste.

  • La force centrifuge d’une autorotation empêche l’arrivée normale de sang au cerveau, ce qui affecte la coordination, la capacité à réfléchir, et le temps de réaction
  • Une voile en autorotation perd énormément d’altitude : au moins 30 m par tour complet, beaucoup plus si la charge alaire est plus importante
  • Il s’écoule en moyenne entre 6 et 8 secondes entre le moment où vous décidez de libérer, et le moment où la voile principale quitte vos épaules
  • Il s’écoule en moyenne 6 secondes supplémentaires (soit environ 330 m) pour retrouver une position stable après avoir libéré
  • Il est difficile de localiser vos poignées de libération et de secours en situation d’urgence due à l’autorotation ; une telle situation est presque impossible à simuler au sol.

Source : RSL, A Second Look par Derek Thomas & Bill Booth

Des accidents qui auraient pu être évités

D’après les chiffres de l’USPA, entre 1999 et 2005, les accidents suivants se sont produits :

  • 14 parachutistes dépourvus de RSL sont morts après avoir libéré, mais ouvert leur secours trop bas pour qu’il puisse s’ouvrir intégralement
  • 5 parachutistes dépourvus de RSL sont morts après avoir libéré, mais sans avoir ouvert leur secours
  • 5 parachutistes dépourvus de RSL sont morts après avoir libéré et déployé leur secours en étant instables, ce qui a causé un emmêlage du secours.

Un RSL aurait sauvé la plupart de ces victimes, et un Skyhook / MARD encore davantage. Dans le même intervalle de temps, on ne recense que 4 tués en rapport avec un RSL (dus à des emmêlages). Tous avaient moins de 20 sauts, et 2 étaient déjà emmêlés dans leur principale.

Source : RSL: Separating Fact from Fiction par Jim Crouch

Conclusion

Chaque parachutiste se doit de faire ses propres choix en ce qui concerne son équipement. Un Skyhook ou un RSL ne convient pas à tout le monde. Les videomen, les skysurfers, les pratiquants de voile contact, de swoop, ou d’autres disciplines, ont des paramètres supplémentaires à prendre en compte. Mais cela vaut le coup de prendre le temps de réfléchir aux avantages que procurent un déploiement rapide du secours. La différence d’altitude, au final, pourrait bien vous sauver la vie.

Article en partie illustré par des photos de Mark Harris

Traduction française par Antoine Prono

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Les schémas du Skyhook et certaines photos sont gracieusement mis à disposition par United Parachute Technologies.

English version of this article HERE

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